22/10/2018

VIOLENCES DANS LE FOOTBALL: PREVENTION OU REPRESSION ?

Le football s’est invité à une séance du Grand Conseil genevois. C’était de mise après les lamentables et inquiétants événements survenus dans le football des talus, à Versoix d’abord, aux Evaux ensuite. Le bref débat sur la question a mis en opposition, courtoisement, deux approches de la question : la répression et la prévention.

 

Laquelle choisir ? Les deux. Les actes de voyous « adultes » commis sur les terrains de jeux doivent être sanctionnés de manière exemplaire. Et définitive. L’Association cantonale genevoise de football (ACGF) qui se bat depuis tant d’années pour le respect, se doit à mes yeux de prononcer une suspension à vie des agresseurs. Ces délinquants du sport n’ont rien à faire sur un terrain de football et ne leur infliger qu’une punition mineure, pécuniaire et temporaire reviendrait à donner un mauvais message. Faites le pire et vous serez pardonnés. De quoi réduire à néant le travail fait en amont, c’est-à-dire la prévention.

Or, l’ACGF précisément, a beaucoup investi, en temps, en énergie et en argent, dans ce secteur-là. Sa tâche est loin d’être terminée comme on a pu le voir dimanche soir 21 octobre dans l’émission « Mise au point » sur la RTS. Elle ne peut assurer cette prévention à elle seule car le problème de la violence et, plus banalement, des incivilités ont des racines profondes. L’éducation des enfants est théoriquement l’affaire des parents. On sait malheureusement que nombre de ceux-ci transfèrent cette responsabilité vers l’école mais également sur les clubs de sport. Ceux-ci héritent donc d’une mission qui dépasse largement le strict domaine de la pratique sportive. Ils se doivent pourtant de l’assumer au mieux. Et cela implique, s’agissant du football précisément, d’aller au-delà de la formation tactique, technique ou physique, et d’englober l’enseignement du respect quitte à sanctionner, l’espace d’un match, par exemple, un jeune (aussi doué soit-il) qui aurait eu des mots ou des gestes inappropriés. Il faut hélas constater qu’en la matière nous sommes encore très loin du compte. L’éducation consiste à déterminer des règles auxquelles se conformer et des limites à ne pas dépasser. Sans cela, le mot prévention demeure une expression dénuée de sens.

 

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Commentaires

A force de parler de "prévention", rien ne se fait !

Pourquoi ne pas sévir sérieusement en remettant les joueurs à leur place, celle-ci étant sur le terrain ?

Je connais un ex-juge de ligne (hockey) qui le dit ouvertement à ceux/celles qui crient contre les arbitres : "Prenez leur place et vous comprendrez la difficulté d'arbitrer" !

Bonne journée

Écrit par : M.A. | 23/10/2018

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