30/10/2018

LA DENSIFICATION VUE DE CHEZ MOI

Comme beaucoup d’entre vous j’imagine, je me réjouis que notre canton atteigne, un jour, le million d’habitants. C’est que l’impression de vivre dans un patelin sans histoires et sans reliefs que j’éprouve en regardant, de ma fenêtre aux Charmilles, me rend morose.

Certes, et je le concède, des efforts sont faits pour que cette ville internationale ressemble enfin à une mégapole. Certes, les nouveaux immeubles font leur apparition dans toutes les rues du quartier et les surélévations des anciens apportent un peu d’esthétique à cette partie bien trop populaire de la Rive droite. Mais il reste encore plein de choses à faire. Qu’attendons-nous pour raser les dernières villas ouvrières ? Et ces petits commerçants qui occupent tant de mètres carrés, n’allons-nous pas enfin les déloger ?

Je me réjouis d’entendre à nouveau le bruit des moteurs et des klaxons, de respirer cette odeur engageante de diesel et de sans-plomb. Actuellement, nous n’y avons droit que durant les heures de  pointe, c’est-à-dire de 7 à 19 heures. Donnons-nous de la peine, soyons ambitieux, le bonheur absolu est à notre portée.

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26/10/2018

LA COLONISATION MASQUEE

A chacun son marronnier. C’est ainsi qu’on nomme dans les médias les sujets qui reviennent à un rythme saisonnier. Le mien a toujours été, et est encore,  de m’inquiéter du recul  de notre culture, de notre art de vivre et de notre langue.  Combat d’arrière-garde ? Peut-être. Il demeure que la question n’a sans doute jamais été d’une telle actualité.

Nous assistons, sans broncher, à une américanisation de notre société. Il n’y a aucun sentiment anti-américain dans ce constat. La langue française a toujours su intégrer des mots d’origine étrangère. Il ne nous viendrait ainsi pas à l’idée de ne plus prononcer les mots « week-end », « sandwich » ou le plus court « ok ». Mais aujourd’hui, il n’est plus question d’adoption. C’est un déferlement des anglicismes et parfois des barbarismes. Certains sont inévitables. Je pense notamment au vocabulaire lié aux technologies nouvelles, au numérique dont les Américains sont les champions incontestés. Certains vocables ne peuvent pas être sortis de leur contexte originel. Il faut s’y faire et l’accepter. Mais il faut également faire preuve de discernement et ne pas utiliser des locutions ou des mots qui ont leur équivalence en français. Je ne vais pas me lancer dans une liste fastidieuse d’exemples. Deux uniquement pris au hasard de mes lectures de la presse. Le « trend » peut très bien laisser sa place à la tendance. Dynamiser va tout aussi bien que « booster ».

Il n’y a pas que la langue à être victime de cette colonisation qui ne dit pas son nom. L’art de vivre et la culture se modifient chez les plus jeunes d’entre nous. Que ce soit à travers l’alimentation, les habitudes quotidiennes. Il n’est ainsi plus rare de voir des gens se rendant au travail en tenant un café (un bain de pied, en fait) dans une main et un sandwich dans l’autre. Cela fait très tendance puisque c’est une scène que l’on peut voir et revoir dans les séries américaines, la référence culturelle suprême du moment. Qu’y faire ? Je n’ai pas la réponse mais j’en appelle à la vigilance. Car ces changements ne sont pas que de surface. Il s’agit de véritables mutations, de normalisations qui nous font renoncer à notre propre personnalité, à notre passé, à notre culture.

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22/10/2018

VIOLENCES DANS LE FOOTBALL: PREVENTION OU REPRESSION ?

Le football s’est invité à une séance du Grand Conseil genevois. C’était de mise après les lamentables et inquiétants événements survenus dans le football des talus, à Versoix d’abord, aux Evaux ensuite. Le bref débat sur la question a mis en opposition, courtoisement, deux approches de la question : la répression et la prévention.

 

Laquelle choisir ? Les deux. Les actes de voyous « adultes » commis sur les terrains de jeux doivent être sanctionnés de manière exemplaire. Et définitive. L’Association cantonale genevoise de football (ACGF) qui se bat depuis tant d’années pour le respect, se doit à mes yeux de prononcer une suspension à vie des agresseurs. Ces délinquants du sport n’ont rien à faire sur un terrain de football et ne leur infliger qu’une punition mineure, pécuniaire et temporaire reviendrait à donner un mauvais message. Faites le pire et vous serez pardonnés. De quoi réduire à néant le travail fait en amont, c’est-à-dire la prévention.

Or, l’ACGF précisément, a beaucoup investi, en temps, en énergie et en argent, dans ce secteur-là. Sa tâche est loin d’être terminée comme on a pu le voir dimanche soir 21 octobre dans l’émission « Mise au point » sur la RTS. Elle ne peut assurer cette prévention à elle seule car le problème de la violence et, plus banalement, des incivilités ont des racines profondes. L’éducation des enfants est théoriquement l’affaire des parents. On sait malheureusement que nombre de ceux-ci transfèrent cette responsabilité vers l’école mais également sur les clubs de sport. Ceux-ci héritent donc d’une mission qui dépasse largement le strict domaine de la pratique sportive. Ils se doivent pourtant de l’assumer au mieux. Et cela implique, s’agissant du football précisément, d’aller au-delà de la formation tactique, technique ou physique, et d’englober l’enseignement du respect quitte à sanctionner, l’espace d’un match, par exemple, un jeune (aussi doué soit-il) qui aurait eu des mots ou des gestes inappropriés. Il faut hélas constater qu’en la matière nous sommes encore très loin du compte. L’éducation consiste à déterminer des règles auxquelles se conformer et des limites à ne pas dépasser. Sans cela, le mot prévention demeure une expression dénuée de sens.

 

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