09/11/2018

UN CANARD AU FRONT

La France commémore, ce 11 novembre, la fermeture de la plus grande boucherie du XXème siècle. Il y a 100 ans, en effet, était signé l’armistice. Je suis respectueux de ces instants durant lesquels les clairons vont sonner et les larmes perler sur toutes les joues qui comptent dans ce monde.

 La « der des ders », la « grande guerre » allait cependant avoir, comme une bonne série télévisée, pas mal de saisons et d’épisodes supplémentaires. D’ailleurs on continue de s’entretuer aujourd’hui encore, avec des armes plus sophistiquées mais une cruauté intacte, dans toutes les parties du globe. La gente militaire n’est pas en voie d’extinction et ne craint pas du tout le chômage.

Un palmipède échappe depuis bientôt  101 ans à tous ces massacres : Le Canard Enchaîné. Mieux, il en est né et s’y est farouchement opposé grâce à la volonté et au talent des époux Maréchal, Maurice et Jeanne. Son arme ? La satire. Sa stratégie ? Le pacifisme, l’antimilitarisme, l’indépendance totale vis-à-vis de tous les pouvoirs, le refus de la publicité et des distinctions officielles. Un collaborateur qui en avait accepté une, avait retrouvé son bureau fermé, le lendemain. Le Canard n’a jamais transigé, que les pouvoirs soient de gauche ou de droite. Tous les mercredis, c’est le rendez-vous de l’humour, de l’impertinence, sans vulgarité mais sans crainte non plus. Les dessinateurs s’en donnent à cœur joie et nous donnent du bonheur.

Le talent est partout et le journal mène aussi des enquêtes très sérieuses qui font peur aux grands quand elles de les font pas tomber de leur piédestal. Pas de concession mais pas d’acharnement non plus. La démarche n’est pas agressive, elle est mordante et drôle. Les politiques attendent le mercredi avec crainte et impatience pour savoir à quelle sauce ils vont être mangés. Cela fait presque 50 ans que je le lis religieusement. Je vous le conseille aussi. C’est bon pour la santé mentale. A part les mots croisés (mon dada) que je ne parviens jamais à résoudre car les définitions sont alambiquées. Mais je le pardonne volontiers à ce sympathique et indispensable volatile.

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Commentaires

"La « der des ders », la « grande guerre » allait cependant avoir, comme une bonne série télévisée, pas mal de saisons et d’épisodes supplémentaires."
Non. Juste un épisode supplémentaire, dit "2ème guerre mondiale. En fait, il n'y en a qu'une, avec les épisodes a et b...
" La "gente" militaire n’est pas en voie d’extinction et ne craint pas du tout le chômage." Peut-être, mais les militaires, eux, savent qu'on dit la gent journalistique, de plus en plus inculte et bornée.
D'ailleurs, "Son arme ? La satire." ! Miracle des miracles, vous n'avez pas écrit comme tout bon scribouillard, "satyre". A mon avis, l'effet du hasard...

Écrit par : Géo | 09/11/2018

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"D’ailleurs on continue de s’entretuer aujourd’hui encore, avec des armes plus sophistiquées mais une cruauté intacte, dans toutes les parties du globe. La gente militaire n’est pas en voie d’extinction et ne craint pas du tout le chômage."
Vous avez hélas entièrement raison, la boucherie continue, favorisée par ceux-là mêmes qui sont en train de commémorer la fin de la guerre 14-18. Une telle hypocrisie est tout simplement indécente.

Je ne sais pas si vous l'avez remarqué, mais je note une dérive du Canard vers la pensée unique. Il n'a pas peu contribué à faire élire Macron. Et il n'a pas relayé l'information capitale sur la "disparition" des millions engrangés par l'heureux élu alors qu'il fonctionnait chez Rotschild. Un poids deux mesures.

Écrit par : Daniel | 09/11/2018

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Et pas un mot de macron sur les fusillés pour l'exemple!!! Des dizaines de milliers de français massacrés par ..........des français, pour l'exemple!

Écrit par : Dominique Degoumois | 09/11/2018

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