14/11/2018

TRISTE FOOTBALL

Il faut avoir la foi du charbonnier pour croire encore aux vertus du football. Plus un jour ne se passe sans que de nouvelles révélations soient faites sur les pratiques douteuses, pour ne pas dire davantage, des plus hauts dirigeants (fédérations et clubs) de ce sport merveilleux. Pourtant, si les « Football Leaks », en d’autres termes les fuites du milieu, nous apprennent beaucoup de choses, elles ne nous surprennent pas vraiment.

L’hebdomadaire allemand Der Spiegel ainsi que les autres partenaires d’ECI (European Investigative Collaborations) a fouillé et étudié quelque 70 millions de documents ( !) qui démontrent à quel point le milieu du football est gangrené. En dépit du fameux fair-play financier instauré à l’initiative de Michel Platini, alors président de l’UEFA,  et qui a, dans un premier temps, donné quelques résultats, tout est rapidement reparti de plus belle. Transferts aux montants vertigineux, faux transferts, salaires indécents, agents véreux, arrangements entre grands clubs, spéculations sur les jeunes talents, fichage ethnique, dirigeants cyniques et arrogants, agissant en toute impunité (j’en passe et des meilleurs) : tous les ingrédients d’un improbable scénario d’une fiction dans laquelle les ripoux et les mafieux sont réunis. Mais de fiction que nenni, non point. Tout est d’une effrayante réalité et authenticité.

Le football est le reflet d’une société relevant de la pensée (libérale) unique. Il  s’agenouille devant le Dieu marché et les potentats de tous bords. L’éthique est un mot qui n’appartient pas à son vocabulaire. Une fameuse phrase (souvent détournée) disait qu’au contraire du rugby « le football est un sport de gentlemen pratiqué par des voyous ».  On peut ajouter « dirigé ».

09:26 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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