28/12/2018

Trompe-la-mort

La terrible chute  (heureusement sans conséquences irréversibles) de Marc Gisin, il y a peu, dans la descente de Val Gardena a fait froid dans le dos de tout le monde et a remis sur le tapis la question de la sécurité, des risques encourus par les skieurs, surtout dans les épreuves de vitesse,  mais aussi par de nombreux autres sportifs, dans d’autres disciplines.

Faut-il pour autant changer quelque chose ? Non, car c’est impossible. On a bien sûr pris quelques mesures de base (les filets de protection par exemple) mais pour le reste, il faut laisser les choses en l’état. Et mon propos n’est pas cynique. Les principaux intéressés ne se plaignent d’ailleurs pas des difficultés d’une piste. Elle fait monter leur adrénaline, les pousse à élever sans cesse leur niveau, technique ou physique, à solliciter jusqu’à l’extrême leur corps et leur cerveau. Depuis que l’homme existe, il craint la mort mais il aime la provoquer, la défier, la narguer.

Le téléspectateur, lui, est bien sûr un peu (beaucoup) un voyeur. Ces épreuves le passionnent, il délègue à ses idoles le droit de se faire peur, de jouer les équilibristes, de flirter avec le danger. Soyons francs ! Suivrions-nous une épreuve de ski se disputant sur une piste sans bosses, sans schuss vertigineux, sans tournants ? Regarderions-nous encore un Tour de France dénué d’étapes à trois ou quatre cols ? Vibrerions-nous s’il n’y avait aucun dépassement téméraire, ni de sorties de piste dans les Grands Prix de F1 ou de moto ? La réponse est clairement non. Du reste, les télévisions du monde entier ne proposeraient pas ces images, si la possible « tragédie » n’était pas au programme.

09:21 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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