• Trompe-la-mort

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    La terrible chute  (heureusement sans conséquences irréversibles) de Marc Gisin, il y a peu, dans la descente de Val Gardena a fait froid dans le dos de tout le monde et a remis sur le tapis la question de la sécurité, des risques encourus par les skieurs, surtout dans les épreuves de vitesse,  mais aussi par de nombreux autres sportifs, dans d’autres disciplines.

    Faut-il pour autant changer quelque chose ? Non, car c’est impossible. On a bien sûr pris quelques mesures de base (les filets de protection par exemple) mais pour le reste, il faut laisser les choses en l’état. Et mon propos n’est pas cynique. Les principaux intéressés ne se plaignent d’ailleurs pas des difficultés d’une piste. Elle fait monter leur adrénaline, les pousse à élever sans cesse leur niveau, technique ou physique, à solliciter jusqu’à l’extrême leur corps et leur cerveau. Depuis que l’homme existe, il craint la mort mais il aime la provoquer, la défier, la narguer.

    Le téléspectateur, lui, est bien sûr un peu (beaucoup) un voyeur. Ces épreuves le passionnent, il délègue à ses idoles le droit de se faire peur, de jouer les équilibristes, de flirter avec le danger. Soyons francs ! Suivrions-nous une épreuve de ski se disputant sur une piste sans bosses, sans schuss vertigineux, sans tournants ? Regarderions-nous encore un Tour de France dénué d’étapes à trois ou quatre cols ? Vibrerions-nous s’il n’y avait aucun dépassement téméraire, ni de sorties de piste dans les Grands Prix de F1 ou de moto ? La réponse est clairement non. Du reste, les télévisions du monde entier ne proposeraient pas ces images, si la possible « tragédie » n’était pas au programme.

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  • CEVA... ET APRES ?

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    La mobilité est au centre des débats. C’est que dans une année, le fameux CEVA sera inauguré. Roland Rossier en a fait un très bel éditorial mardi 18 décembre, en interrogeant sur les oubliés de ce gigantesque ouvrage. Vendredi 21, c’est Marc Moulin qui lui a en quelque sorte répondu en faisant l’inventaire très complet de tous les grands travaux projetés dans le « grand Genève ».

    Pour en rester au CEVA, il ne fait pas de doute que cette réalisation est pionnière, révolutionnaire et admirable. Cela dit, au parlement du peuple, à savoir les bistrots, les discussions vont bon train (sans jeu de mot). Le CEVA servira-t-il à quelque chose ? Va-t-il vraiment désengorger la ville et le canton ? Connaîtra-t-il le même sort que l’autoroute de contournement, asphyxiée dès sa création ou presque ? Dissuadera-t-il les automobilistes vaudois, genevois et français, de se rendre en ville avec leur véhicule ?

    Autant de questions qui suscitent bien des spéculations, des prises de bec mémorables et même quelques paris. Personnellement, je suis persuadé de la nécessité de cette liaison et je me réjouis d’avoir Annemasse presque sur le seuil de ma porte. Mais je suis dans le camp de ceux qui parient sur les effets limités du CEVA sur la fluidité du trafic automobile et, partant, la qualité de la vie.  Hélas !

    C’est que je connais trop de personnes, dans mon entourage proche ou plus lointain, qui iraient même avec  leur voiture dans leur salle de bains. Alors CEVA, améliorations ou créations de lignes de bus et de trams, parkings de dissuasion, co-voiturage, etc. : je crains fort qu’il ne s’agira-là que de cautères sur jambe de bois car l’amour de l’être humain pour sa maîtresse à quatre roues ne faiblira pas.

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  • Femmes de foot

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    Il y a désormais prescription, je peux donc avouer mon crime. Lorsque j’étais jeune journaliste, il y a bien longtemps donc, l’idée même que des femmes puissent jouer au football me faisait glousser. Les temps ont changé et je bats ma coulpe. Depuis pas mal de temps, d’ailleurs. Les femmes ont imposé leur talent dans le sport réservé aux hommes.

    Vitesse, technique, sens tactique, vision du jeu, générosité. Je me suis enthousiasmé devant  plusieurs matches ces dernières années. Et je le ferai, à n’en  pas douter, en 2019, puisque la 8ème Coupe du monde aura lieu du 7 juin au 7 juillet en France. Sans l’équipe de Suisse, malheureusement, qui a trébuché sur la dernière marche menant à  la qualification face aux redoutables Néerlandaises. Mais les Suissesses ont accumulé de l’expérience sur le plan international. A preuve, leur participation au tour final de la Coupe du monde en 2015 et à celui de l’Euro en 2017.

    C’est dire que dans notre pays, l’essor du football féminin ne peut pas être contesté. Le nombre de joueuses licenciées est proche désormais des 25 000, ce qui signifie qu’il a presque quadruplé en moins de 20 ans. Par comparaison,  la France en compte 165 000 ce qui, proportionnellement, est inférieur à la Suisse. Des infrastructures ont été mises en place par l’Association suisse de football et les grands clubs, dans le domaine de la formation. Le championnat de Ligue nationale A est reconnu comme étant d’un excellent niveau. A noter, cependant, que la page d’accueil de l’ASF sur internet, ignore encore le football féminin. Vieux réflexes conditionnés.

    Pourtant, sur la scène médiatique, le football féminin s’est invité peu à peu. Les grands rendez-vous, comme cette Coupe du monde, ne sont pas manqués par les chaînes de télévision. En 2019, TF1 et Canal+ retransmettront ce Mondial en direct (intégralement pour la seconde nommée, largement pour la première). De grands titres de la presse écrite, comme « Le Monde », y consacrent déjà des pages entières. La SSR, qui a déjà donné largement dans le secteur, est en négociation pour les droits. La non-qualification pour le tour final des Suissesses modère, certes, l’appétit, mais la retransmission des demi-finales et de la finale, fait partie des vœux de la RTS.

    Une chose est sûre dans tous les cas. De tous les domaines de l’activité humaine, le sport, dont le football, est celui qui s’approche de l’idéal d’égalité entre femmes et hommes. Même s’ il reste encore pas mal de chemin à parcourir.

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