12/12/2018

Dépression

En l’espace de quelques jours, la dépression a fait l’objet d’une approche pour le moins sensible et intelligente. D’abord dans Temps Présent puis dans le Matin Dimanche. Madame et Monsieur tout le monde dans le premier cas, l’élite du sport dans le second. Pourquoi rebondir sur ces sujets ? Parce qu’ils éclairent sur un phénomène très actuel et peuvent,  doivent même, susciter une large réflexion.

Les médecins interrogés à ces occasions sont unanimes sur un point : la dépression est une maladie. Presque honteuse d’ailleurs. Etre dépressif, en effet,  revient dans l’imaginaire collectif à être fou, voire capricieux, si ce n’est snob. Les psys font des ravages sur le marché et n’ont plus de place dans leur agenda. On se gausse de tout cela en pensant qu’une thérapie est un signe extérieur de richesse. Je précise, au passage, que je ne suis pas dépressif (sauf le dimanche). Mais comme chacun d’entre nous, je danse en permanence sur le fil du rasoir.

C’est que, si la dépression renvoie, selon la faculté et les chercheurs, au fonctionnement du cerveau, il ne peut être ignoré qu’elle doit aussi à d’autres facteurs. Il est question dans l’hebdomadaire lausannois, notamment de l’environnement à risques. Et les exemples ne manquent pas de championnes et champions qui, cédant à la pression, ou parfois de manière inexpliquée, sont tombés dans ce trou noir. Mais cette chute, parfois fatale, est aussi le risque que nous encourons tous.

Peut-on faire quelque chose ? Je n’en sais rien pour être franc, car la dépression, le spleen, la mélancolie, existent depuis toujours et ont, d’ailleurs, débouché sur des œuvres littéraires majeures, de Gérard de Nerval à Baudelaire, en passant par Verlaine et Hemingway. J’ai en revanche la certitude que nous pourrions cesser de favoriser le développement de cette terrible maladie. Le respect et l’écoute, aussi bien en famille que sur le lieu de travail, ne seraient en tout cas pas des contre-indications.

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09/12/2018

Jackpot

Plus de 27 millions de francs seront en jeu, mercredi 12 décembre, au Swiss Loto. De quoi faire saliver et créer des embouteillages chez les dépositaires. Certains joueurs reprennent leur litanie et leur théorie du complot : de toute façon, c’est truqué ! C’est bien sûr faux et même insultant pour l’institution Loterie romande. A preuve.

 

Il y a d’abord la transparence. Chaque tirage, le mercredi et le samedi, est diffusé (en différé) sur les chaînes de télévision de service public. Et comme on peut le voir, les boules numérotées sortent d’une sphère après avoir été malmenées dans tous les sens par un système de soufflerie. Impossible donc de faire intervenir l’informatique pour obtenir une combinaison de 6 numéros, plus le numéro chance, qui n’aurait pas été jouée. Ensuite, les mathématiques. Il y a une chance sur un peu plus de 31 millions de cocher sur son bulletin cette combinaison idéale. Il est donc assez compréhensible que la cagnotte s’enrichisse régulièrement durant plusieurs semaines.

En revanche – et là je partage le jugement de nombreux joueurs – la différence de gains entre le premier et le dernier des huit rangs, est un fossé abyssal. Une fortune extravagante pour le miraculé du premier, des cacahuètes pour les moins chanceux du dernier. Dans ce domaine, Swiss Loto a le pouvoir de rétablir un peu plus de justice en modifiant la dotation de chaque rang. Mais comme à l’Euromillion, il faut allécher le joueur potentiel en affichant ces sommes à huit chiffres.

Enfin, douter de la Loterie romande, qui est responsable (entre autres jeux) du Swiss Loto sur le territoire romand, revient à oublier que cette association à but non lucratif, distribue l’intégralité de ses bénéfices pour des projets (3000 actuellement) dont profitent, entre autres, les milieux sportifs, culturels ou encore des œuvres de bienfaisance. En 2018, cette manne a représenté 216 millions de francs. Sans le hasard, bien des choses n’auraient jamais vu le jour. Bon perdant, je me dis toujours qu’en misant ma thune, je suis un mécène par procuration.

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05/12/2018

Le derby

Le lac Léman s’agite. La bise se lève et va tout renverser sur son passage. Les gens trahissent une certaine fébrilité, aussi bien dans le petit port de pêcheurs que dans la métropole calviniste. Ils vont en découdre et tout le monde tremble. En bref, Lausanne va recevoir Servette.

 Il y a des lustres que la querelle existe. La rivalité plutôt. Mais, pour une fois, depuis longtemps, elle s’avive, elle reprend de l’énergie et de la vigueur, elle remue les foyers et divise les familles. Il faut des trésors de sagesse pour ne pas sombrer dans cette ivresse collective. C’est sur le terrain que la supériorité des Vaudois ou des Genevois va éclater au grand jour. Cette « Schadenfreude » est ancrée dans notre culture. Jean-Villard Gilles l’a rendue immortelle avec « La Venoge ».

En un mot comme en cent, je me sens drôlement rajeuni en attendant le grand derby lémanique de football. Je me souviens qu’il s’agissait d’un événement incomparable et qu’aux Charmilles ou à La Pontaise, les fervents de telle ou telle couleur, se mobilisaient, s’allumaient, se charriaient et parfois se boudaient. Cela ressemblait à l’histoire d’un vieux couple, aux « Vieux Amants » de Brel. A la fin du match, la querelle s’apaisait, l’ironie devenait plus contenue, les Vaudois et les Genevois se causaient à nouveau et faisaient santé avec un Perlan ou un Mont-sur-Rolle, qui se voulaient tous deux médicaments mais qui affolaient en fait les neurones quand ils ne les détruisaient pas.

 Les deux camps n’en venaient jamais aux mains. Leurs caquets étaient leur seule arme. Puissent les « ultras » des deux camps se souvenir que cette guerre de cent ans (et même plus) n’a jamais fait de victimes.

09:55 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |