PIEDESTAL

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Le pouvoir est une addiction et le goût du lucre le meilleur moyen de le perdre. Décidément, cette année ainsi que les précédentes, ont été riches en exemples, tous domaines confondus, de personnalités qui sont soudain tombées de leur piédestal. Comme si les détenteurs de ce pouvoir étaient incapables de retenir les leçons du passé.

Je ne m’en réjouis pas, au contraire, car ce sont toujours les petites gens qui finissent par régler la facture. D’une manière ou d’une autre. Souvenez-vous de ces quelques exemples. Ils ont en commun le Dieu argent alors que ceux qui l’adorent en sont suffisamment pourvus. Le monarque du football mondial et son dauphin – soit Sepp Blatter, inamovible président de la FIFA et Michel Platini, brillant et inventif président de l’UEFA – ont vu leur règne s’achever pour de sordides mais révélatrices questions d’argent. Avaient-ils vraiment besoin de ce petit rab ?

Un peu plus tard, le très grand favori à l’élection au poste de président de la République, François Fillon, a dû se contenter de retourner dans le vestiaire pour surveiller ses costumes, tout neufs, frais et déjà payés, et qui plus est, repassés pas sa Pénélope contre rémunération. Qui a dit stupide et cupide ? J’ai les noms.

La liste n’est pas exhaustive, tant s’en faut. L’année 2018 a enrichi notre savoir (et c’est tout) avec les affaires Maudet et Barazzone à Genève. Le premier est innocent. Il a eu recours à Emmaüs car il était à bout d’habits (facile, je sais). Le second s’est trouvé dénudé (c’est la rumeur) à la sortie d’un bar à champagne et a fini par sortir la carte de crédit des citoyens, pour se couvrir. C’est aussi de l’innocence. L’un s’entête, l’autre sans tête. Mais le deuxième a au moins eu la classe de tirer sa révérence.

Enfin, pour la bonne bouche, le lutin (plus petit encore au vrai) Carlos Ghosn, roi et despote, paraît-il, d’un empire automobile. Il avait des fins de mois difficiles, ses conquêtes féminines vieillissaient à vue de nez, ses leasings chez Renault et Nissan mettaient de plus en plus à mal ses finances personnelles. Il a donc dû logiquement trouver des chemins de traverse et de travers pour remettre le navire à flot. Les Japonais ne l’ont pas entendu de cette oreille et lui ont trouvé une résidence secondaire supplémentaire. Au mois et peut-être à l’année.

Tous ces seigneurs sont en fait prisonniers. L’un derrière les barreaux. Tous les autres enfermés dans la prison de l’argent pour l’argent, du clinquant, de l’avidité, du pouvoir comme raison de vivre. Le fric n’est pas propre à une religion plus qu’une autre. Il est la religion universelle.

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