Violences

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Je m’étais bien juré de ne jamais parler des gilets jaunes pour ne pas en rajouter aux bavardages incessants et à la cacophonie ambiante. Ces manifestants d‘un ras-le-bol apparemment généralisé, ont juste, à leur insu sans doute, rallumé le vieux débat de la ou des violences. Alors je m’y invite car on ne peut pas tout oublier, ni dire n’importe quoi.

Madame Pahud me disait l’autre jour chez le coiffeur qu’elle trouvait bien normales les revendications de ces gens mais qu’elle ne supportait pas la violence. Elle pensait bien sûr aux petites frappes qui profitaient de la confusion pour dévaliser des magasins et aux voyous qui trouvent toute manifestation bienvenue pour satisfaire leurs envies d’en découdre. Je ne me suis pas disputé avec elle car je suis bien de son avis. La violence n’a jamais apporté la moindre solution aux problèmes. Mais ne perdons pas la mémoire.

Tant qu’à condamner cette violence, il faut le faire dans tous les cas de figures : l’absolution donnée à des prélats qui ont couvert des viols d’enfants, l’autorisation accordée à de grands groupes industriels ou financiers de licencier des dizaines de milliers de travailleurs pour faire plaisir aux actionnaires, l’accoutumance aux pires atteintes aux droits de l’homme dans un nombre croissant de pays, l’indifférence au sort des plus pauvres, à celui de gens qui doivent vivre sous les bombes et d’enfants qui meurent de faim (la liste est longue). La violence ne s’exprime pas seulement avec des barres de fer ou des coups de poings, comme à Paris, Bordeaux et ailleurs, chez nos voisins.

Elle est partout et quotidienne. Les insurgés ne sont jamais sortis du néant, ni par hasard.

 

 

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Commentaires

  • Excellent!

  • Comment dire ? C'est un peu indigne de vous. J'étais gauchiste à 20 ans et j'aurais pu déclarer ce que vous écrivez. Mais à notre âge, cela n'est pas très sérieux. Si quelqu'un vous balance son poing dans la figure, maintenant, pour une bricole de rien du tout ou si une bombe tombe sur le Yémen en faisant plusieurs morts, ne me dites pas que c'est la même chose pour vous.
    Ce que veut vous dire Mme Pahud, c'est qu'elle est contre la mainmise du fascisme rouge et du fascisme brun réunis sur les gilets jaunes.
    C'est plus clair comme ça ?

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