18/01/2019

Respectez-nous !

Comme cela se produit à rythme régulier, les journalistes sont actuellement voués aux gémonies, coupables de tous les forfaits, responsables de tous les maux de la société. Même si je ne suis personnellement plus dans la vie active, je me sens offensé, comme la plupart de mes confrères, par ces attaques aussi bêtes, injustes que sournoises et dangereuses.

Elles viennent de toutes parts. Des milieux politiques (vous êtes un journaliste extraordinaire car vous avez relayé mon message ou vous êtes un fouille-poubelle parce que vous avez posé des questions dérangeantes ou révélé des agissements proches de l’abus de pouvoir), du peuple, de la foule, des gens de la rue (les gilets jaunes pour prendre un exemple au hasard) et parfois de notre propre corporation comme j’ai pu le lire récemment. Adopter une telle attitude, tenir un tel discours et afficher  une telle défiance vis-à-vis de personnes dont le métier est d’informer toujours et sur tout, est insultant et inquiétant.

Bien sûr, la concurrence entre les chaînes de télévision et de radio, l’explosion incontrôlée des réseaux sociaux, les menaces économiques qui pèsent sur les médias traditionnels et donc sur les emplois, ont poussé certains de nos confrères à franchir parfois la ligne jaune. Certains le font par nature, qui défendent sous une belle plume des camps politiques précis, sans aucune indépendance. Quelques autres le font par excès de zèle, en recherchant le scoop à tout prix, quitte à défier toutes les règles de la déontologie et à monter de véritables mises en scène. Mais le monde des journalistes a toujours su et sait encore se remettre en cause, se questionner, sanctionner celles et ceux qui ne se conforment pas aux règles fondamentales de la profession. Il n’a de leçon de morale à recevoir de quiconque.

Il est de nombreux pays où les professionnels de l’information (surtout quand ils titillent les tenants du pouvoir) sont emprisonnés, assassinés, torturés. Nous n’en sommes pas encore arrivés là dans nos paisibles contrées mais j’en soupçonne quelques-uns qui nous passeraient bien à la tronçonneuse.

Soyons fiers de notre métier. Notre curiosité et notre passion de l’information, qu’elle soit locale, nationale, sportive, internationale, économique, sont des qualités et non pas des tares. Sans elles, plus de liberté, plus de démocratie. Pensez-y avant d’allumer les bûchers.

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12/01/2019

Violences

Je m’étais bien juré de ne jamais parler des gilets jaunes pour ne pas en rajouter aux bavardages incessants et à la cacophonie ambiante. Ces manifestants d‘un ras-le-bol apparemment généralisé, ont juste, à leur insu sans doute, rallumé le vieux débat de la ou des violences. Alors je m’y invite car on ne peut pas tout oublier, ni dire n’importe quoi.

Madame Pahud me disait l’autre jour chez le coiffeur qu’elle trouvait bien normales les revendications de ces gens mais qu’elle ne supportait pas la violence. Elle pensait bien sûr aux petites frappes qui profitaient de la confusion pour dévaliser des magasins et aux voyous qui trouvent toute manifestation bienvenue pour satisfaire leurs envies d’en découdre. Je ne me suis pas disputé avec elle car je suis bien de son avis. La violence n’a jamais apporté la moindre solution aux problèmes. Mais ne perdons pas la mémoire.

Tant qu’à condamner cette violence, il faut le faire dans tous les cas de figures : l’absolution donnée à des prélats qui ont couvert des viols d’enfants, l’autorisation accordée à de grands groupes industriels ou financiers de licencier des dizaines de milliers de travailleurs pour faire plaisir aux actionnaires, l’accoutumance aux pires atteintes aux droits de l’homme dans un nombre croissant de pays, l’indifférence au sort des plus pauvres, à celui de gens qui doivent vivre sous les bombes et d’enfants qui meurent de faim (la liste est longue). La violence ne s’exprime pas seulement avec des barres de fer ou des coups de poings, comme à Paris, Bordeaux et ailleurs, chez nos voisins.

Elle est partout et quotidienne. Les insurgés ne sont jamais sortis du néant, ni par hasard.

 

 

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07/01/2019

L'après Rodger

Ce n’est pas encore officiel, ni confirmé, mais le Maître, lui-même, vient d’y faire allusion : 2019 pourrait être sa dernière année de compétition. Affolement et tristesse dans les foyers helvétiques. Qu’allons-nous faire sans lui ? Il faut admettre que cela fait drôle d’imaginer la planète tennis sans Roger Federer.

Il est unanimement reconnu comme le plus grand tennisman de l’histoire. Il est également un des plus grands sportifs de tous les temps. Mais il occupe surtout une place énorme dans le cœur de presque tous les Suisses. Il est du reste aimé et respecté dans tous les pays,  sur tous les continents. Où qu’il joue, il est chez lui, devant son public. Le Bâlois a fait d’un sport un art, il a gardé la simplicité et l’humour malgré ses 20 victoires en tournois du Grand Chelem et des succès qui ne se comptent plus. Il a popularisé sa discipline. Il a – c’est ma conviction intime – décomplexé quantité de nos sportives et sportifs en leur enlevant la fameuse « peur de gagner ».

Il nous restera bien sûr Stan Wawrinka qui appartient, lui aussi, à l’élite mondiale du tennis. Ne gagne pas trois des quatre tournois majeurs qui veut. Mais le Vaudois aura 34 ans en mars et il a le malheur d’avoir des problèmes récurrents avec son corps et notamment son genou. S’il revient à son meilleur niveau (ce que tout le monde espère), on peut considérer, cependant, qu’il n’a plus trente-six saisons devant lui. Après ces deux géants, il n’y a personne qui s’annonce vraiment dans le tennis masculin. Il sera d’ailleurs intéressant de jeter un coup d’œil sur les audiences de notre télévision quand l’heure de leur retraite aura sonné. Car, avouons-le, une majorité d’entre nous regarde davantage Federer qu’une partie de tennis. Qu’il confirme ou non son intention, nous ne pouvons, d’ores et déjà, que lui dire merci !

 

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