Trop c'est trop

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Le trop est l’ennemi mortel du très. Il l’a banni de son territoire, l’a exécuté sans jugement, l’a définitivement jeté dans les oubliettes de la langue. J’en entends certains me rétorquer que c’est trop exagéré, preuve irréfutable de cette imposture puisque le très méritait parfaitement sa place dans ce cas de figure. Mais il en est ainsi.

J’entendais, hier encore, un couple sortant du restaurant et se déclarant avec tendresse que c’était trop bon. Il est vrai que parfois, les repas servis ne sont pas très bons bien que trop chers. Mais l’homme ajoutait à sa très chère que prolonger cet instant par une petite sieste crapuleuse serait décidément trop bon. Tous deux ont donc conclu logiquement qu’il valait mieux retourner illico au travail.

Vous entendez-vous dire à une femme qu’elle est trop belle ? Ce serait une muflerie qui vous  vaudrait une belle paire de claques. Car elle impliquerait que vous préférez largement échanger des caresses avec un thon plutôt qu’avec une créature aux lignes et courbes  irréprochables.

Des dialogues ou des affirmations de ce type, j’en entends tous les jours et depuis (trop) belle lurette. Echanger un adverbe contre un autre, c’est un marché de dupes, c’est une prise d’otages, c’est très et trop con. Comme moi, finalement.

Mais c’est trop tendance.

 

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Commentaires

  • Trop c`est trop.

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