Cure de jouvence

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Les anniversaires se succèdent dans le monde de la bande dessinée. Il y a deux ans, on célébrait les 60 ans de Gaston Lagaffe, mon meilleur compagnon. Cela fait cinquante ans qu’il me fait rire, bien que je connaisse ses catastrophes par cœur. Fantasio puis Prunelle, De Mesmaeker (qui ne parviendra jamais à signer le contrat avec la maison Dupuis à cause du gaffeur virtuose), Jules-de-Chez-Smith-En-Face, la mouette, le chat,  l'irrésistible Longtarin, j’en passe et des meilleurs. Franquin a fait le bonheur de plusieurs générations de bédéistes.

Cette année, ce n’est pas triste non plus. Astérix et Obélix ont à leur tour 60 ans. L’invention de Goscinny et Uderzo a également fait rêver, sourire et rire des millions de personnes. Certes, pour les plus jeunes, les textes sont moins faciles à lire car ils sont truffés de jeux de mots. Mais les visages et les dégaines du druide Panoramix, du chantre bâillonné Assurancetourix, du chef Abraracoursix, de ces fous de Romains, de tout ce village d’irréductibles Gaulois sont gravés pour toujours dans les mémoires. Et, bizarrement, ces anniversaires ne suscitent aucune nostalgie en moi. Ils me permettent, au contraire, de prendre un bain de jouvence.

Le meilleur pour la fin. Tintin a 90 ans. Bien des enfants ont appris à lire en suivant les aventures du petit reporter, de son fidèle Milou, du capitaine Haddock ou du professeur Tournesol. Une magnifique exposition leur est consacrée au Centre commercial de Meyrin (attention ! elle se termine le samedi 2 novembre). Elle tient au mérite de collectionneurs privés, autrement dit les tintinophiles. Elle est bien conçue, didactique et elle présente nombre de pièces rares. Elle est aussi pédagogique. On y découvre la trajectoire d’Hergé, sa relation amoureuse avec la Suisse et, plus particulièrement, la région lémanique (Nyon et Genève dans « L’affaire Tournesol). C’est ici qu’il est venu se ressourcer quand tout allait mal dans sa vie. On nous rappelle que c’est l’hebdomadaire catholique L’Echo Illustré qui fut le premier, en Suisse, à publier ses dessins. On y voit aussi de quelle manière, avec une minutie incroyable, le Belge préparait ses albums. Repérages, innombrables lectures scientifiques, notamment pour « Objectif Lune » et « On a marché sur la Lune » lui ont permis d’être élevé au rang de visionnaire. Tintin ne mourra jamais.

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Commentaires

  • Tous ces grands maîtres de la culture dite "populaire" méritent amplement qu'on les célèbre. Ils ne se ressemblent presque en rien, sauf leur capacité à nous enchanter chacun à sa façon.
    Je constate que si je veux en citer un pour n'avoir particulièrement nourri et amusé, je me reproche aussitôt de paraître en exclure un autre ou les autres.

  • Et je m'en veux déjà d'avoir écrit "amusé", alors que ce sont des heures de joie qu'ils m'ont apportés.

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