Humeur - Page 2

  • Violences

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    Je m’étais bien juré de ne jamais parler des gilets jaunes pour ne pas en rajouter aux bavardages incessants et à la cacophonie ambiante. Ces manifestants d‘un ras-le-bol apparemment généralisé, ont juste, à leur insu sans doute, rallumé le vieux débat de la ou des violences. Alors je m’y invite car on ne peut pas tout oublier, ni dire n’importe quoi.

    Madame Pahud me disait l’autre jour chez le coiffeur qu’elle trouvait bien normales les revendications de ces gens mais qu’elle ne supportait pas la violence. Elle pensait bien sûr aux petites frappes qui profitaient de la confusion pour dévaliser des magasins et aux voyous qui trouvent toute manifestation bienvenue pour satisfaire leurs envies d’en découdre. Je ne me suis pas disputé avec elle car je suis bien de son avis. La violence n’a jamais apporté la moindre solution aux problèmes. Mais ne perdons pas la mémoire.

    Tant qu’à condamner cette violence, il faut le faire dans tous les cas de figures : l’absolution donnée à des prélats qui ont couvert des viols d’enfants, l’autorisation accordée à de grands groupes industriels ou financiers de licencier des dizaines de milliers de travailleurs pour faire plaisir aux actionnaires, l’accoutumance aux pires atteintes aux droits de l’homme dans un nombre croissant de pays, l’indifférence au sort des plus pauvres, à celui de gens qui doivent vivre sous les bombes et d’enfants qui meurent de faim (la liste est longue). La violence ne s’exprime pas seulement avec des barres de fer ou des coups de poings, comme à Paris, Bordeaux et ailleurs, chez nos voisins.

    Elle est partout et quotidienne. Les insurgés ne sont jamais sortis du néant, ni par hasard.

     

     

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  • L'après Rodger

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    Ce n’est pas encore officiel, ni confirmé, mais le Maître, lui-même, vient d’y faire allusion : 2019 pourrait être sa dernière année de compétition. Affolement et tristesse dans les foyers helvétiques. Qu’allons-nous faire sans lui ? Il faut admettre que cela fait drôle d’imaginer la planète tennis sans Roger Federer.

    Il est unanimement reconnu comme le plus grand tennisman de l’histoire. Il est également un des plus grands sportifs de tous les temps. Mais il occupe surtout une place énorme dans le cœur de presque tous les Suisses. Il est du reste aimé et respecté dans tous les pays,  sur tous les continents. Où qu’il joue, il est chez lui, devant son public. Le Bâlois a fait d’un sport un art, il a gardé la simplicité et l’humour malgré ses 20 victoires en tournois du Grand Chelem et des succès qui ne se comptent plus. Il a popularisé sa discipline. Il a – c’est ma conviction intime – décomplexé quantité de nos sportives et sportifs en leur enlevant la fameuse « peur de gagner ».

    Il nous restera bien sûr Stan Wawrinka qui appartient, lui aussi, à l’élite mondiale du tennis. Ne gagne pas trois des quatre tournois majeurs qui veut. Mais le Vaudois aura 34 ans en mars et il a le malheur d’avoir des problèmes récurrents avec son corps et notamment son genou. S’il revient à son meilleur niveau (ce que tout le monde espère), on peut considérer, cependant, qu’il n’a plus trente-six saisons devant lui. Après ces deux géants, il n’y a personne qui s’annonce vraiment dans le tennis masculin. Il sera d’ailleurs intéressant de jeter un coup d’œil sur les audiences de notre télévision quand l’heure de leur retraite aura sonné. Car, avouons-le, une majorité d’entre nous regarde davantage Federer qu’une partie de tennis. Qu’il confirme ou non son intention, nous ne pouvons, d’ores et déjà, que lui dire merci !

     

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  • PIEDESTAL

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    Le pouvoir est une addiction et le goût du lucre le meilleur moyen de le perdre. Décidément, cette année ainsi que les précédentes, ont été riches en exemples, tous domaines confondus, de personnalités qui sont soudain tombées de leur piédestal. Comme si les détenteurs de ce pouvoir étaient incapables de retenir les leçons du passé.

    Je ne m’en réjouis pas, au contraire, car ce sont toujours les petites gens qui finissent par régler la facture. D’une manière ou d’une autre. Souvenez-vous de ces quelques exemples. Ils ont en commun le Dieu argent alors que ceux qui l’adorent en sont suffisamment pourvus. Le monarque du football mondial et son dauphin – soit Sepp Blatter, inamovible président de la FIFA et Michel Platini, brillant et inventif président de l’UEFA – ont vu leur règne s’achever pour de sordides mais révélatrices questions d’argent. Avaient-ils vraiment besoin de ce petit rab ?

    Un peu plus tard, le très grand favori à l’élection au poste de président de la République, François Fillon, a dû se contenter de retourner dans le vestiaire pour surveiller ses costumes, tout neufs, frais et déjà payés, et qui plus est, repassés pas sa Pénélope contre rémunération. Qui a dit stupide et cupide ? J’ai les noms.

    La liste n’est pas exhaustive, tant s’en faut. L’année 2018 a enrichi notre savoir (et c’est tout) avec les affaires Maudet et Barazzone à Genève. Le premier est innocent. Il a eu recours à Emmaüs car il était à bout d’habits (facile, je sais). Le second s’est trouvé dénudé (c’est la rumeur) à la sortie d’un bar à champagne et a fini par sortir la carte de crédit des citoyens, pour se couvrir. C’est aussi de l’innocence. L’un s’entête, l’autre sans tête. Mais le deuxième a au moins eu la classe de tirer sa révérence.

    Enfin, pour la bonne bouche, le lutin (plus petit encore au vrai) Carlos Ghosn, roi et despote, paraît-il, d’un empire automobile. Il avait des fins de mois difficiles, ses conquêtes féminines vieillissaient à vue de nez, ses leasings chez Renault et Nissan mettaient de plus en plus à mal ses finances personnelles. Il a donc dû logiquement trouver des chemins de traverse et de travers pour remettre le navire à flot. Les Japonais ne l’ont pas entendu de cette oreille et lui ont trouvé une résidence secondaire supplémentaire. Au mois et peut-être à l’année.

    Tous ces seigneurs sont en fait prisonniers. L’un derrière les barreaux. Tous les autres enfermés dans la prison de l’argent pour l’argent, du clinquant, de l’avidité, du pouvoir comme raison de vivre. Le fric n’est pas propre à une religion plus qu’une autre. Il est la religion universelle.

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