17/12/2018

Femmes de foot

Il y a désormais prescription, je peux donc avouer mon crime. Lorsque j’étais jeune journaliste, il y a bien longtemps donc, l’idée même que des femmes puissent jouer au football me faisait glousser. Les temps ont changé et je bats ma coulpe. Depuis pas mal de temps, d’ailleurs. Les femmes ont imposé leur talent dans le sport réservé aux hommes.

Vitesse, technique, sens tactique, vision du jeu, générosité. Je me suis enthousiasmé devant  plusieurs matches ces dernières années. Et je le ferai, à n’en  pas douter, en 2019, puisque la 8ème Coupe du monde aura lieu du 7 juin au 7 juillet en France. Sans l’équipe de Suisse, malheureusement, qui a trébuché sur la dernière marche menant à  la qualification face aux redoutables Néerlandaises. Mais les Suissesses ont accumulé de l’expérience sur le plan international. A preuve, leur participation au tour final de la Coupe du monde en 2015 et à celui de l’Euro en 2017.

C’est dire que dans notre pays, l’essor du football féminin ne peut pas être contesté. Le nombre de joueuses licenciées est proche désormais des 25 000, ce qui signifie qu’il a presque quadruplé en moins de 20 ans. Par comparaison,  la France en compte 165 000 ce qui, proportionnellement, est inférieur à la Suisse. Des infrastructures ont été mises en place par l’Association suisse de football et les grands clubs, dans le domaine de la formation. Le championnat de Ligue nationale A est reconnu comme étant d’un excellent niveau. A noter, cependant, que la page d’accueil de l’ASF sur internet, ignore encore le football féminin. Vieux réflexes conditionnés.

Pourtant, sur la scène médiatique, le football féminin s’est invité peu à peu. Les grands rendez-vous, comme cette Coupe du monde, ne sont pas manqués par les chaînes de télévision. En 2019, TF1 et Canal+ retransmettront ce Mondial en direct (intégralement pour la seconde nommée, largement pour la première). De grands titres de la presse écrite, comme « Le Monde », y consacrent déjà des pages entières. La SSR, qui a déjà donné largement dans le secteur, est en négociation pour les droits. La non-qualification pour le tour final des Suissesses modère, certes, l’appétit, mais la retransmission des demi-finales et de la finale, fait partie des vœux de la RTS.

Une chose est sûre dans tous les cas. De tous les domaines de l’activité humaine, le sport, dont le football, est celui qui s’approche de l’idéal d’égalité entre femmes et hommes. Même s’ il reste encore pas mal de chemin à parcourir.

16:42 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Facebook | | | |

12/12/2018

Dépression

En l’espace de quelques jours, la dépression a fait l’objet d’une approche pour le moins sensible et intelligente. D’abord dans Temps Présent puis dans le Matin Dimanche. Madame et Monsieur tout le monde dans le premier cas, l’élite du sport dans le second. Pourquoi rebondir sur ces sujets ? Parce qu’ils éclairent sur un phénomène très actuel et peuvent,  doivent même, susciter une large réflexion.

Les médecins interrogés à ces occasions sont unanimes sur un point : la dépression est une maladie. Presque honteuse d’ailleurs. Etre dépressif, en effet,  revient dans l’imaginaire collectif à être fou, voire capricieux, si ce n’est snob. Les psys font des ravages sur le marché et n’ont plus de place dans leur agenda. On se gausse de tout cela en pensant qu’une thérapie est un signe extérieur de richesse. Je précise, au passage, que je ne suis pas dépressif (sauf le dimanche). Mais comme chacun d’entre nous, je danse en permanence sur le fil du rasoir.

C’est que, si la dépression renvoie, selon la faculté et les chercheurs, au fonctionnement du cerveau, il ne peut être ignoré qu’elle doit aussi à d’autres facteurs. Il est question dans l’hebdomadaire lausannois, notamment de l’environnement à risques. Et les exemples ne manquent pas de championnes et champions qui, cédant à la pression, ou parfois de manière inexpliquée, sont tombés dans ce trou noir. Mais cette chute, parfois fatale, est aussi le risque que nous encourons tous.

Peut-on faire quelque chose ? Je n’en sais rien pour être franc, car la dépression, le spleen, la mélancolie, existent depuis toujours et ont, d’ailleurs, débouché sur des œuvres littéraires majeures, de Gérard de Nerval à Baudelaire, en passant par Verlaine et Hemingway. J’ai en revanche la certitude que nous pourrions cesser de favoriser le développement de cette terrible maladie. Le respect et l’écoute, aussi bien en famille que sur le lieu de travail, ne seraient en tout cas pas des contre-indications.

09:05 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

09/12/2018

Jackpot

Plus de 27 millions de francs seront en jeu, mercredi 12 décembre, au Swiss Loto. De quoi faire saliver et créer des embouteillages chez les dépositaires. Certains joueurs reprennent leur litanie et leur théorie du complot : de toute façon, c’est truqué ! C’est bien sûr faux et même insultant pour l’institution Loterie romande. A preuve.

 

Il y a d’abord la transparence. Chaque tirage, le mercredi et le samedi, est diffusé (en différé) sur les chaînes de télévision de service public. Et comme on peut le voir, les boules numérotées sortent d’une sphère après avoir été malmenées dans tous les sens par un système de soufflerie. Impossible donc de faire intervenir l’informatique pour obtenir une combinaison de 6 numéros, plus le numéro chance, qui n’aurait pas été jouée. Ensuite, les mathématiques. Il y a une chance sur un peu plus de 31 millions de cocher sur son bulletin cette combinaison idéale. Il est donc assez compréhensible que la cagnotte s’enrichisse régulièrement durant plusieurs semaines.

En revanche – et là je partage le jugement de nombreux joueurs – la différence de gains entre le premier et le dernier des huit rangs, est un fossé abyssal. Une fortune extravagante pour le miraculé du premier, des cacahuètes pour les moins chanceux du dernier. Dans ce domaine, Swiss Loto a le pouvoir de rétablir un peu plus de justice en modifiant la dotation de chaque rang. Mais comme à l’Euromillion, il faut allécher le joueur potentiel en affichant ces sommes à huit chiffres.

Enfin, douter de la Loterie romande, qui est responsable (entre autres jeux) du Swiss Loto sur le territoire romand, revient à oublier que cette association à but non lucratif, distribue l’intégralité de ses bénéfices pour des projets (3000 actuellement) dont profitent, entre autres, les milieux sportifs, culturels ou encore des œuvres de bienfaisance. En 2018, cette manne a représenté 216 millions de francs. Sans le hasard, bien des choses n’auraient jamais vu le jour. Bon perdant, je me dis toujours qu’en misant ma thune, je suis un mécène par procuration.

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