Football suisse:la mue

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La formule du championnat de Suisse de football devrait changer dès la saison 2021-2022. A priori et sans avoir étudié en détail le projet, cela me paraît être plutôt une bonne chose. Admettre deux clubs supplémentaires en Super Ligue relève de la justice et du bon sens. Des clubs comme Lausanne et Grasshopper appartiennent historiquement à l’élite.  Valoriser les catégories inférieures comme la Challenge Ligue et la ligue promotion sont de bonnes intentions. Reste à savoir comment car elles ont toujours été les parents pauvres du football suisse.

Longtemps, ce qui était alors la Ligue nationale A, comptait 14 équipes. Il y en eut même 16 durant une certaine période. C’était évidemment trop en raison d’un bassin de population insuffisant et d’un potentiel économique limité. Cela avait tout de même permis à des clubs comme Yverdon, Delémont, Bulle, Etoile Carouge ou encore Chênois de jouer dans la cour des grands. Provisoirement et en payant par la suite le prix fort. Heureusement, ces cinq clubs relèvent la tête mais ils n’ont sans doute plus l’ambition, ni les moyens d’atteindre le plus haut niveau.

Le pouvoir d’achat des clubs suisses, y compris ceux de l’élite, est limité en comparaison avec celui des grands championnats anglais, espagnol, italien ou allemand où les droits de télévision permettent d’avoir un train de vie somptueux. En Suisse,  même Young Boys et Bâle, les plus riches, n’arrivent pas à régater face aux grosses écuries européennes. On peut le regretter mais aussi se dire que cela a eu des effets positifs sur la politique des clubs helvètes. Il est fini le temps où étaient recrutées de vieilles gloires du football mondial qui faisaient casser leurs tirelires à des présidents audacieux et un brin mégalomanes. Désormais, le recrutement est plus modeste et la priorité est donnée à la formation. Mais cela comporte aussi des risques car dès qu’un talent se fait remarquer il est capturé par les géants. Il suffit pour s’en convaincre de constater que la grande majorité des joueurs de l’équipe nationale évolue dans les championnats étrangers. Et cette « Nati » n’est pas ridicule à voir, même si elle nous ferait plaisir en dépassant, une fois, le stade des huitièmes de finale d’une grande compétition.

Ceci pour dire qu’il ne sert à rien de rêver d’un football suisse jouant les premiers rôles au niveau international. Le monde du ballon rond ressemble furieusement à la société dans laquelle nous vivons. Les riches y sont toujours plus riches et les autres font de leur mieux pour vivre ou survivre.

 

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