Doha:le scandale

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Même si je suis fier, comme tous les Suisses j’imagine, des exploits fantastiques de Léa Sprunger (4ème du 400 mètres haies, record de Suisse battu) et de Mujinga Kambundji (médaillée de bronze sur 200 mètres), les Championnats du monde d’athlétisme à Doha me laissent un goût amer : celui du scandale. Comme l’ont relevé la plupart de mes confrères, qu’ils aient été sur place ou dans leur rédaction, cette compétition universelle n’était qu’un simulacre qui a vu les athlètes sacrifiés sur l’autel de l’argent, pris en otages par leur Fédération internationale. Car on ne peut pas leur reprocher de ne pas avoir boudé ce rendez-vous, quand on sait la somme d’efforts qu’ils consentent pour réussir à ce niveau-là. Comme chacun le devine, les intérêts financiers ont prévalu. Public plus que clairsemé, sans connaissance réelle de ce sport de base, chaleur étouffante : jamais sans doute dans l’histoire du sport pareille plaisanterie n’avait eu lieu.

Ne comptez cependant pas sur les dirigeants sportifs pour faire leur autocritique ou dresser un véritable bilan de cette farce. Comme l’a si bien dessiné Chapatte, la semaine dernière, la chaleur ambiante devenait bien plus supportable à la réception de l’argent. Tout le respect porté longtemps à des champions d’exception comme le Britannique Sebastian Coe, désormais président de l’IAAF, s’est envolé d’un seul coup. Il ne devrait pourtant pas avoir oublié qu’il avait sué sang et eau pour se forger un palmarès des plus enviables qui soit. Quant à l’impact social dont il parle pour balayer toutes les critiques, les spécialistes les plus affûtés et pertinents le cherchent encore.

Dans trois ans, comme chacun le sait, c’est la Coupe du monde de football qui aura lieu au Qatar. Les plus naïfs espèrent encore que la FIFA fera marche arrière. C’est oublier que l’organe faîtier du football mondial a une certaine expérience en matière de…  scandales.

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Commentaires

  • Un boycott général des téléspectateurs serait évidemment la seule réponse efficace, les chaînes n'étant alors plus intéressées par l'achat des droits de diffusion.
    Il va de soi que c'est un rêve, car le motto "panem et circesnses" est toujours d'actualité.

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